You have to understand that you can't please everyone...
- Marie Beauchesne
- 17 janv. 2021
- 7 min de lecture
Exchange with Nicolas Galita
Nicolas Galita is a recruiter trainer at L'École du Recrutement and a blogger. To date, he has kept more than three blogs: "Dessines-Toi un Emploi", "Dépenser. Rethink" and "Link Humans". In his personal newsletter, l'Atelier Galita, he sends daily articles on timeless subjects, whether or not related to recruitment, to his subscribers.
I met Nicolas in 2017, at the TEDxISTEC where we were both speakers. Since then, we have been following our career paths from a distance and this interview was an opportunity to discuss Nicolas' vision of new recruitment methods, but also how to make ourselves visible and put ourselves forward.
Marie : Tu as une vision singulière du métier de recruteur : est-ce que tu peux revenir sur ta vision et ses implications - à la fois pour les candidats et pour les entreprises ?
Nicolas : Notre credo, c’est que le recrutement est un métier, distinct de celui des RH et il attire des personnes très différentes. Quand tu es RH, ton rôle c’est d’être en conformité, du côté du patron. Tu n’attends pas de quelqu’un qui gère la paie qu’il soit innovant. Par contre, pour le recrutement c’est différent. C’est rare d’avoir quelqu’un qui sache faire les deux. C’est comme ça qu’on est arrivé à créer l’École du Recrutement. J’enseigne à mes élèves, qui sont recruteurs et recruteuses, le recrutement ainsi que le développement personnel – c’est-à-dire, comment faire pour être un bon individu aligné avec soi-même.
I show them that every company has its own culture and personality. And that culture allows for true honesty and an ethic to innovate.
Everyone repeats the same thing, but you have to understand that a company's culture is based on a dial of divisive values. Carrefour displays anything on its site but its true values are very family oriented. There is no one corporate culture that is better than another. But the first step is to become aware of who you are and to stop believing that there is a generic knowledge of how to be generic. That means nothing to me. Then, it's essential to find someone who fits in with what the company is all about.
M : La réforme de la formation, le recrutement par les réseaux sociaux, est-ce que tu vois une évolution ou une révolution dans les manières de recruter - et donc pour les candidats de prendre en main leur carrière et se mettre en avant ?
N : Très peu de choses changent.
There's a bias that says things change so as not to say that we were doing things wrong.
The beginnings of structured interviewing date back to World War II, it's not new, it was just badly done. Technology makes new things possible but it's all based on conversation and unfortunately there are too many monologues. What changes is that before, monologues were not punished. For example: a company that fires a cashier because she used the discounts, nowadays social networks revolt and so she is re-hired. It was already happening in 98 when there were no social networks, people thought no less about it but they had no power of resonance. What changes is that people talk and they have a megaphone. I have seen the emergence of a more distributed voice. You have a voice and a spokesperson across the platforms. I don't need people anymore. And so companies have more incentive to behave better. HR is ill-equipped because they're not used to having people talking to them live.
You must also be careful not to generalize an aspiration of sores: Maslow's pyramid shows that you are looking for fulfillment because you can afford to ask yourself the question. In Guadeloupe, there is 50% unemployment, young people want a job. Period. And when I hear that today people are looking for fulfilment, I find it hard to think that yesterday they were looking for uneasiness.
M : A titre personnel tu prends beaucoup la parole, non seulement tu parles de toi mais tu mets aussi beaucoup de toi dans ta com. Tu as partagé récemment sur LinkedIn les effets négatifs de la visibilité et de la prise de parole avec des opinions qui dérangent. Comment tu gères ça ?
N : A la base le plan, c’était de faire un revenu passif grâce aux contenus de « Dessine-Toi un Emploi ». C’est pour ça que j’ai commencé à écrire. Et j’ai tellement aimé ça que j’ai fini par switcher pour lancer mon Medium [plateforme de blogging] dans lequel je parle de ce que je veux : végétarisme, monogamie… , pas seulement de recrutement. Et ça m’a valu l’enfer. Des gens ont été jusqu’à appeler mon patron pour me faire virer et j’ai arrêté d’écrire pendant un moment. J’ai eu du mal à conscientiser que c’était pour ça. J’ai eu une panne d’écriture d’environ 8 mois après et le truc s’est débloqué quand j’ai compris d’où ça venait. J’ai repris l’écriture au moment du scandale du black face du Slip Français. J’avais tellement de rage que je me suis senti obligé d’écrire à nouveau. Mais j’ai changé de canal.
Then I came across Substack and dropped WordPress - already because it was ugly and it really made a difference. But also because the difference between Medium and Substack is that Substack does mail and post at the same time, and only your subscribers can comment.
My approach today is based on the theory of 1000 fans. Someone who reads to you every day at 9:00 a.m. is a fan, it's an enclosed, protected space. Out of the 2500 people who follow me, I have 80 people who pay and they can comment.
Writing a blog, writing every day has changed my life. And Substack has forced me to be consistent. You get used to it and you get your subscribers used to a date with a newsletter and writing every day.
Quantity creates quality.
I'm not trying to make a better article than the others, but better than what I wrote the day before. After of course sometimes I write 10 articles in one go, like that, I try to be a month ahead when I'm in trouble.
M : Le revers de l’exposition est assez violent. Est-ce que pour toi c’est inhérent au contenu que tu partages ou au canal ?
N : Je pense qu’on sous-estime les conséquences négatives de l’exposition. Les gens sont violents et donc si tu exposes ce que tu es, ça va forcément déranger. Il faut comprendre que tu ne peux pas plaire à tout le monde. Si tu parles, tu vas forcément l’expérimenter, les gens vont te renvoyer ce que tu leur envoie. Étonnement, j’ai reçu plus de réactions négatives sur des sujets futiles comme « le recrutement n’est pas RH ». J’ai eu moins de violence pour : « pourquoi la religion devrait être interdite » par exemple.
Je ne tombe pas dans le piège de « les gens sont jaloux », parfois moi aussi je suis le hater, « all lives matter » ça me fait péter des câbles. C’est aussi faux de penser que Twitter a inventé la violence. Ma mère est une personne adorable, mais en voiture ce n’est pas la même. Quand tu changes de contexte, tu changes de personnalité. Il faut bien prendre conscience que ça peut être aussi toi le hater et intégrer que les autres ne sont pas “bêtes”. Je m’oblige à comprendre qu’il y a des gens très intelligents qui n’ont pas le même set de valeurs que moi, ils ne sont ni bêtes, ni en train de faire semblant.
You never get used to the idea that people hate you for who you are, but it's the price you pay.
To please everyone, you have to be lukewarm, and it's not that everyone likes you, it's that no one dislikes you.
There are phases when I got really fed up with it and it has consequences on my personal life. The price you pay for exposing yourself is very hard and it's also hard to tell the difference between narcissism and sharing. Do you write because you flatter your ego? Of course I write to be seen, you have to stop saying "I'm not doing it for me", but it's not "being seen to be seen" either.
M : Et est-ce que le calcul coût-avantage est bon pour toi ? Quel bilan tu tires de ces différents modes d’écriture et de cette visibilité ?
N : Déjà, ça m’a amené là où je suis. Au début, je n’avais que 40 vues par semaine, et même là ça avait déjà un impact. Je suis arrivé à l’École du Recrutement parce que j’écrivais, j’ai pris un verre avec son fondateur parce que je bloguais. Depuis on m’a demandé de faire des conférences, des interviews. Mon bilan est archi-positif : le personal branding m’a permis de gagner plus d’argent – grâce au gain de crédibilité ou à la monétisation – et ça m’a permis de découvrir qui je suis au contact des autres. Enfin, ça donne du sens à ma vie.
I owe it all to the exhibition. Once you've exposed yourself, you're not afraid anymore.
People know that I'm poly, vegetarian, don't want kids and I'm anti-religion. Once you throw it all away, it's harder to reach you, it allows you to become "anti-fragile". But sometimes people go after your loved ones. For example, someone used to write anonymous text messages to my girlfriend at the time.
Il faut accepter que la démocratie, c’est le conflit. Un endroit où tout le monde ferme sa gueule, c’est une dictature. Il n’y a pas de parole honnête qui ne dérange pas. Dès que tu dis vraiment ce que tu penses, ça va faire chier des gens. Mais tu reçois aussi beaucoup d’amour et tout l’amour, tu sais qu’il est vrai.
M : Les dangers de la visibilité peuvent pousser à mettre en avant un personnage plutôt qu’à se mouiller personnellement, est-ce que c’est une question que tu t’es déjà posée. Comment tu gères l’évolution de ton discours au fur et à mesure que ta communauté grandit aussi ?
N : Mon personnage c’est un narrateur, je raconte un truc qui a un intérêt et je sais que mon personnage est proche de ce que je suis.
Le public te pousse à faire des trucs mainstream, c’est à toi de montrer aux gens qui tu es et c’est aussi à toi de te montrer qui tu es. Un des trucs que j’ai appliqués pour assurer de conserver mon identité dans mon travail, c’est d’avoir un swipe file. Dans un grand pot, j’ai plein d’idées et c’est de là que je sors ce que j’écris. Pour publier en gardant la magie du début, j’applique trois principes.
First of all, I consider that radicality is not provocation, so I mean what I say.
Then I have to have something to teach if I say something.
Finally, I listen to the feedback and I am ready to change my mind, and I have done so several times - I am an atheist but I was a Christian before. And you can do all this by being ethical, and by being yourself.
Thank you Nicolas!
la newsletter de Nicolas : www.ateliergalita.com



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